Adolescence et addictions

La consommation de produits psychoactifs et les addictions comportementales chez les jeunes populations constituent une donnée préoccupante, aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les professionnels de la santé et de la prévention.

Les pratiques addictives qui émergent dans ces populations sont souvent associées à des comportements à risque, dont les conséquences peuvent être invalidantes à plus ou moins long terme sur le plan physique, psychique ou social.

De la même façon, si la transgression des interdits et la prise de risque qui s’ensuit peuvent contribuer à la construction d’un soi et à l’expression d’une certaine autonomie, elle peut aussi exprimer une volonté de fuite et le besoin d’être reconnu à travers sa souffrance.

D’après les données de l’OFDT, les consommations des jeunes à la fin de l’adolescence se différencient de celles de leurs aînés sur deux points principaux :

  • le cannabis est davantage consommé par les jeunes générations et les épisodes d’alcoolisations importantes y sont plus fréquents.
  • l’expérimentation des drogues illicites autres que le cannabis demeure en revanche peu fréquente et dépasse rarement 3 %.

 

Ressources (non exhaustif) :

jeunes-et-addictions


 Parution de l’ouvrage de l’OFDT, Jeunes et addictions, décembre 2016

 


 

 Guide “Jeunes et tabac” en partenariat avec la Fédération Addiction (2016)

 


Guide-GRVS-src-RESPADD.org.pdf-1 Guide GRVS (2015)


 Présentations et actes du RESPADD « Adolescences et addictions » (2013)


jeunes
 Un outil pédagogique pour informer les jeunes des manipulations de l’industrie du tabac


 L’entretien motivationnel auprès des jeunes populations : un programme prometteur en région Rhône-Alpes (2014-2015)

Consulter les actes de la journée de restitution de ce programme pilote organisée le 13 novembre dernier :

 Jeunes et conduites à risque : les défis de la prévention


 

EMCDDA
 “Best practice portal: Prevention interventions for school students”
Pour un état des lieux actualisé régulièrement des interventions efficientes auprès des jeunes en milieu scolaire


 

Liens utiles :

Données scientifiques :

 INPES Baromètre 2014

inpes


 OFDT (ESPAD, ESCAPAD, HBSC)

logo

espad

hbsc


 Anthropoado (socio-anthropologie de l’adolescence)


Interventions :

Addiction suisse : programme cool and clean (2013-2015)

« Strenghtening families program »

 Programme européen Unplugged

 

Outils de prévention :

 Campagne INPES CJC (2015)

Et aussi…

Trois brochures de l’Inpes sur le cannabis chez les jeunes viennent d’être réimprimées avec de nouveaux visuels. Elles sont à nouveau disponibles ainsi qu’une nouvelle affiche citant Baudelaire, créée plus spécifiquement pour les lycéens. Pour les commander, rendez-vous sur le site de l’INPES.

Pour les (re)découvrir :
 Cannabis : ce qu’il faut savoir
 Guide d’aide à l’arrêt du cannabis
 Affiche “Ce que le haschisch te donne d’un côté, il te le retire de l’autre… Il te donne le pouvoir de l’imagination mais t’enlève la possibilité d’en profiter.” Charles Baudelaire – 1860
 Les risques expliqués aux parents

Découvrir aussi :

Projet Grégor

Avec le soutien de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), l’association ECLAT-GRAA s’est associée à Vincent Legrand de l’association La Mule (Le projet Gregor – Entre mes doigts…) pour créer des Web Vidéos à destination des jeunes.

Cet outil appelé « Les conseils de Gregor » se compose de 2 vidéos accompagnées d’un guide ressources.

 Télécharger le kit d’intervention

 

Bibliographie sélective :

couvertureLes comportements de santé des jeunes
(baromètre santé INPES 2010)


entre-moti-adoL’entretien motivationnel auprès des adolescents


jeunes-alcoolAide-mémoire : Les jeunes et l’alcool


Le thème « adolescences et addiction » dans la presse internationale récente :

Adolescents et adultes sont-ils égaux face au cannabis ?

L’impact du cannabis est-il le même sur l’individu, à tout âge de la vie ? C’est l’objet d’une étude préliminaire contrôlée parue dans Translational Psychiatry. Menée sur un groupe de 20 adolescents âgés de 16 à 17 ans et un groupe 20 adultes âgés de 24 à 28 ans, l’étude a révélé des différences assez significatives de nature à expliquer pourquoi les adolescents présenteraient une plus grande vulnérabilité au cannabis. Après avoir inhalé du cannabis actif ou placébo par vaporisation, les participants ont été soumis à plusieurs tests visant à évaluer leurs fonctions exécutives (mémoire de travail, mémoire épisodique, inhibition). La fréquence cardiaque, la pression artérielle, la présence de symptômes psychomimétiques et les effets subjectifs du cannabis ont également été évalués. Or, parmi les observations recueillies à l’issue de ce protocole expérimental, le groupe des adolescents présentaient moins de symptômes psychomimétiques, en contexte de consommation de cannabis actif, et ressentait moins l’influence du cannabis (« less stoned ») que le groupe de participants adultes. Par ailleurs, les adultes se montraient plus anxieux et moins vifs avant et après la prise de cannabis. De la même façon, les dysfonctionnements cognitifs étaient plus manifestes chez l’adulte que chez l’adolescent, d’après les tests des fonctions mnésiques réalisés. Par contraste, le cannabis semblait altérer de façon sensible la fonction d’inhibition chez l’adolescent, et non chez l’adulte. Les adolescents se montraient également plus insatiables (« did not show satiety »), désirant plus de cannabis quelle qu’ait été la nature du cannabis inhalé (actif ou placébo). Des données contrastées en relative cohérence avec les résultats obtenus chez l’animal et pouvant expliquer, selon les auteurs, le phénomène d’intensification de la consommation de cannabis observé chez certains adolescents.

Source : Translational Psychiatry (2016) 6, e961; doi:10.1038/tp.2016.225
“Are adolescents more vulnerable to the harmful effects of cannabis than adults? A placebo-controlled study in human males”
29 novembre 2016
C Mokrysz, T P Freeman, S Korkki, K Griffiths, H V Curran
 http://www.nature.com/tp/journal/v6/n11/full/tp2016225a.html

Tabagisme précoce et troubles psychotiques

Le tabagisme précoce serait associé à un sur-risque de développer des manifestions psychotiques. C’est ce que suggère une étude réalisée auprès d’une cohorte de 3 752 individus, hommes et femmes âgés de 21 ans au moment de l’étude. Les individus ayant commencé à fumer du tabac à 15 ans ou plus jeune encore étaient en effet 3,1 fois plus à risque présenter un trouble de type schizophrénique (aOR = 3.1, 95 % IC = [1,8 ; 5,6]) des scores importants au Peters Delusional Inventory (aOR = 2.4 ; 95 % IC = [1,9 ; 3]) et des hallucinations persistantes (aOR = 3.0 ,95 % IC = [2,2 ; 4,2]). Cependant, après ajustement des données et exclusion des individus ayant consommé du cannabis, seule l’association entre tabagisme précoce et hallucinations demeurait très significative.

Source : John J McGrath Rosa Alati, Alexandra Clavarino, Gail M Williams, William Bor, Jake M Najman, Melissa Connell, James G Scott, “Age at first tobacco use and risk of subsequent psychosis-related outcomes: A birth cohort study”, Australian and New Zealand journal of psychiatry
  http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25991762

 

La pédagogie plutôt que l’exclusion

Les efforts de prévention consentis par les établissements scolaires à propos des risques liés à l’usage de cannabis ne sont pas vains et concourent au contraire à une plus faible prévalence des usages. C’est ce que suggère une étude longitudinale ayant considéré sur un an l’incidence respective des approches préventives et punitives en contexte de manquement au règlement intérieur de la part des élèves. Ces derniers, lorsqu’ils avaient bénéficié d’informations sur les risques liés à l’usage de cannabis étaient en effet moins nombreux à consommer du cannabis que les élèves plus exposés à des mesures sans appel comme l’exclusion temporaire de l’établissement.

Source :
Tracy J. Evans-Whipp, Stephanie M. Plenty, Richard F. Catalano, Todd I. Herrenkohl, John W. Toumbourou, “Longitudinal effects of school drug policies on student marijuana use in Washington state and Victoria, Australia“, American Journal of Public Health

 

Weedipedia

Les adolescents et leurs familles vivant dans l’Etat de Washington où la consommation récréative de cannabis est  autorisée par la loi depuis novembre 2012 seraient très peu au fait des mesures précises qui constituent cette dernière et notamment de ce qui est légal et de ce qui ne l’est pas. C’est du moins ce que révèle une enquête réalisée auprès de 115 familles à faibles revenus, en septembre 2013, soit plus de six mois après l’entrée en vigueur de la loi. Interpellés par ce défaut de connaissance et parce que l’une des conséquences non désirées de cette législation pourrait être une augmentation de la consommation de cannabis à l’adolescence, les auteurs de cette enquête recommandent la mise en place, à des fins préventives, de compagnes d’information à l’attention des familles, à la hauteur de cette (r)évolution majeure.

Source :
W. A. Mason, Koren Hanson, Charles B. Fleming, Jay L. Ringle, and Kevin P. Haggerty, “Washington State recreational marijuana legalization: parent and adolescent perceptions, knowledge, and discussions in a sample of low-income families“, 11 février 2015.
doi:10.3109/10826084.2014.952447