Addictions & technologies : retour sur les 27e Rencontres du RESPADD

1 & 2 juin 2023
Affiche

Les 27e Rencontres du RESPADD, organisées les 1er et 2 juin 2023 à Villers-lès-Nancy, ont rassemblé professionnels de santé, chercheurs, intervenants de terrain et associations autour d’un fil rouge : comment les technologies transforment la prévention, le repérage, les soins et la réduction des risques en addictologie.

Organisées avec le soutien de la Direction générale de la santé et en collaboration avec le Centre psychothérapique de Nancy-Laxou, la Faculté de médecine de Nancy et le Centre d’expertise et de collaboration en troubles concomitants (Université de Montréal), ces journées ont alterné plénières, tables rondes et retours d’expériences. Elles ont permis d’explorer des thématiques allant des biomarqueurs au monitorage numérique, des applications mobiles à la réalité virtuelle, jusqu’aux nouveaux formats d’information sur les drogues et à la télé-expertise.

Découvrir les actes des Rencontres « Addictions & technologies »

Les présentations diffusées
pendant ces journées

Ouverture des 27e Rencontres du RESPADD

Il est revenu au Pr Didier Jutras-Aswad, Chercheur au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), d’ouvrir ces 27e Rencontres du RESPADD avec une présentation autour des interventions numériques dans la gestion de la consommation de substances.

Table ronde : Des addictions aux applications mobiles

Cette table ronde a permis de faire un focus sur le repérage, l’auto-évaluation et l’accompagnement numérique, avec un regard croisé santé publique / terrain.

Table ronde : Réalité virtuelle et addictologie

Cet échange a permis de dresser un panorama des usages thérapeutiques de la réalité virtuelle : thérapies cognitives et comportementales (TCC) dans le traitement des addictions, et en particulier la thérapie par exposition à la réalité virtuelle (TERV), dispositifs multisensoriels et modélisation neurocognitive.

Table ronde : Télé‑expertise, interventions et soutien clinique dématérialisés – un outil pour demain ou déjà dépassé ?

Cette table ronde a permis de faire l’état des lieux des cadres juridiques, modalités de mise en œuvre et retours de terrain, notamment sur l’articulation réseau/plateformes, l’immédiateté des avis et la sécurité des données (RGPD/HDS). 

Table ronde : L’information sur les drogues à l’ère du numérique

Les discussions ont porté sur le drug checking et l’open data, en passant par des applications d’alerte et des projets d’empowerment des jeunes.

Plénière : Le binge drinking chez les jeunes

Cette discussion animée par Nicolas Bonnet (RESPADD) a permis de croiser les regards des Pr Pierre Maurage et Salvatore Campanella, avec une approche neurocognitive et en évoquant des pistes de prévention ciblée. 

Pourquoi le numérique s’invite-t-il au cœur de l’addictologie ?

Le numérique est en lien direct avec l’addictologie parce qu’il permet d’augmenter l’accessibilité, de personnaliser les contenus (monitorage du craving, EMA), d’outiller le repérage précoce et de soutenir la continuité des soins entre présentiel et distanciel. Les interventions numériques montrent des signaux d’acceptabilité et d’utilité, notamment chez les jeunes, si elles sont intégrées au suivi clinique. 

 

Applications mobiles et auto‑évaluations

Du repérage grand public (KANOPEE, Alcoomètre) à l’accompagnement (Tabac Info Service, projet cannabis), jusqu’aux outils hospitaliers (Addictoscore), les applications structurent des parcours courts, personnalisés et couplés à des relais humains. 

 

Réalité virtuelle (RV), de l’exposition à la remédiation

La RV renforce les TCC par une exposition plus écologique et graduée, travaille les biais attentionnels et s’explore au-delà de la seule exposition (immersion multisensorielle, remédiation cognitive, relaxation). Les premiers pilotes mettent en avant faisabilité et acceptabilité.

Données personnelles et sécurité

Conformité RGPD, hébergement HDS et transparence d’usage sont indispensables. L’articulation « outil – pratique clinique » et l’éthique des usages (notifications, nudges) doivent être pensées pour éviter l’intrusivité et réduire la fracture numérique.

 

Télé‑expertise et qualité des soins

Le cadre existe et la pertinence est démontrée, mais l’appropriation par les professionnels, la rémunération, l’outillage et l’immédiateté des avis conditionnent l’essor d’usages de qualité.

Questions fréquentes

Elles facilitent surtout le repérage, l’auto‑évaluation et la motivation au changement, avec des signaux d’acceptabilité. Leur efficacité augmente lorsqu’elles sont intégrées à un suivi humain et à des objectifs réalistes (réduction des risques, puis éventuelle réduction/arrêt).

Oui, la RV améliore l’exposition et la remédiation cognitive, permet un travail gradué et écologiquement valide, avec une bonne acceptabilité dans les premières études cliniques.

La télé-expertise permet un avis spécialisé à distance, plus rapide, encadré juridiquement et techniquement. Son déploiement repose sur la simplicité d’usage, l’organisation des réseaux et la reconnaissance des actes.

Des dispositifs comme Drug Lab (analyses, alertes) et l’application KnowDrugs (alertes, fiches) permettent d’informer usagers et professionnels et d’orienter la prévention.

Il est important de privilégier des services conformes au RGPD et hébergés HDS, avec information claire sur la collecte, la durée et la suppression des données et des relais humains identifiés.