La prise en charge des troubles cognitifs liés à la consommation d’alcool et de drogues se heurte encore à plusieurs limites importantes. Le repérage précoce reste difficile, en particulier pour les formes légères ou modérées, souvent peu visibles mais pourtant déjà impactantes sur le fonctionnement quotidien. Cette difficulté diagnostique retarde l’orientation vers des soins adaptés.
Par ailleurs, le manque de structures spécialisées constitue un frein majeur, notamment pour les patients présentant des troubles sévères et des situations de grande précarité. Ces publics cumulent des vulnérabilités sociales et médicales qui compliquent leur accompagnement et augmentent le risque de rupture de parcours de soins.
Les troubles cognitifs eux-mêmes représentent un obstacle supplémentaire, car ils altèrent la compréhension, la mémoire et l’adhésion aux prises en charge, favorisant ainsi les rechutes ou le maintien des consommations. À cela s’ajoute une tendance à minimiser les effets cognitifs de certaines substances, comme le cannabis, dont les impacts sont pourtant bien réels.
Enfin, les intervenants ont souligné le manque de données scientifiques récentes en France, ce qui limite encore aujourd’hui la compréhension globale de ces troubles et le développement de réponses adaptées.