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Addictologie

La prévention des addictions est devenue une priorité nationale de santé publique.
Suite à la mise en place du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2007-2011, les professionnels de santé sont plus que jamais appelés à s’investir dans la prise en charges des pratiques addictives.

Développement actuel des pratiques addictives

Depuis plus d’un siècle, des actions ont été mises en œuvre afin de prévenir et de soigner ce qu’on n’appelait pas encore des addictions :

  • Années 50 : lutte contre l’alcoolisme, vu comme un fléau social
  • 1970 : loi portant sur l’interdiction de l’usage privé de stupéfiants, création de centres de soins et premier volet sanitaire à destination des toxicomanes…


Les addictions sont aujourd’hui en France comme dans beaucoup d’autres pays européens un problème de santé publique majeur. Elles sont responsables, non seulement de dizaines de milliers de morts annuellement, mais aussi d’une multitude de dommages physiques, psychiques, sociaux et de vies gâchées chez les personnes dépendantes et dans leur entourage. Mais il s’agit de dommages évitables. Globalement, consommation et mortalité en matière d’alcool, de tabac, d’héroïne… sont en baisse constante même si beaucoup reste encore à faire dans un combat qui est loin d’être gagné : de nouvelles addictions apparaissent.

L’addiction en France – Quelques chiffres

a.Le Tabac

  • La France compte aujourd’hui 14 millions de fumeurs quotidiens.
  • Le tabac tue chaque année environ 66 000 personnes en France, ce qui en fait la première cause de mortalité évitable.


b.L’alcool

  • En France, environ 5 millions de personnes sont en difficulté avec l’alcool.
  • La France se situe au 11ème rang mondial pour la consommation d’alcool par habitant et par an. C’est la 2ème cause de mortalité évitable en France avec 52 000 décès par an (après le tabac).


c.Autres substances illicites

  • Il existe environ 150 000 héroïnomanes actifs ou substitués en France (100 000 patients sous BHD et 20 000 sous méthadone), plus de 200 000 consommateurs problématiques de cannabis et un nombre croissant de cocaïnomanes.)
  • 50% des jeunes ont expérimentés le cannabis, 20% sont des consommateurs réguliers et 5% sont dépendants.
  • Entre 2000 et 2005, la plupart des produits psycho-actifs illicites autres que le cannabis ont vu leur niveau d’expérimentation augmenter.

 
En France, les addictions aux substances psycho-actives sont responsables chaque année d’environ 100 000 morts évitables, dont près de 40 000 par cancers ; l’alcool, le tabac et le cannabis étant les produits psychoactifs les plus souvent consommés.

Or, les dernières données scientifiques et études cliniques montrent la nécessité de traiter l’individu dans une démarche globale, quelque soit le produit consommé, incluant toutes les dimensions que recouvrent l’addiction (neurobiologique, psychique et environnemental) et ce, le plus précocement possible.

La grande originalité du plan de lutte contre les drogues et les toxicomanies est de mettre en place une prise en charge des addictions de façon « transversale ». Il s’agit de décloisonner l’approche thérapeutique et préventive des addictions qui jusqu’alors s’effectuait par produit (alcool, tabac, drogues illicites) et de les considérer de manière globale. Cette approche intègre aussi les conduites addictives sans produits (sexaholic, jeu pathologique, boulimie-vomissement).

L’efficience médico-économique de cette démarche clinique (stratégies de prise en charge) et de son volet pharmacologique ont été confirmés à plusieurs reprises, notamment :

  • dans les Recommandations de la Commission d’Audition publique de la HAS de mai 2007 « Abus, dépendances et polyconsommations : stratégies de soins »
  • lors de la Conférence de consensus ANAES des 23 et 24 juin 2004 « Stratégies thérapeutiques pour les personnes dépendantes des opiacés : place des traitements de substitution ».


Concernant les traitements de substitution opiacés, l’information sur les risques de mésusage et les moyens de le prévenir sont insuffisants comme rappelé dans les « Recommandations pour la pratique clinique - Réduire les mauvaises utilisations des médicaments de substitution des opiacés » publiées en juin 2004 par l’AFSSAPS et l’ANAES.

La fréquence du transfert de dépendance, avec passage d’une addiction à une autre (en particulier opiacés vers alcool), rend indispensable de former les professionnels aux notions de polyconsommation et de prise en charge des comorbidités. La réactualisation des connaissances et des nouvelles stratégies thérapeutiques pour les patients dépendants à la cocaïne ou au cannabis est également urgente et vise à stopper la banalisation des comportements de consommation excessive.

Le professionnel de santé doit être à même de repérer et orienter le patient usager de drogues et de prévenir les prises de risque des adolescents. Pour cela, il faut également qu’il améliore ses connaissances des partenaires associatifs, sanitaires et sociaux qui font l’aspect pluri-professionnel de la prise en charge des conduites addictives.

d.Bibliographie

  • La dangerosité des drogues – Rapport au Secrétariat  d’Etat à la Santé ; Bernard Roques Odile Jacob, 1998 ; plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies, adopté le 08/07/2008 (http://www.drogues.gouv.fr/article5831.html)
  • Jacques J-P et al. Drogues et substitution. Traitements et prise en charge du sujet. Louvain-la-Neuve, De Boeck Université, 2006.
  • Jauffret-Roustide M. et al. Les drogues : approche sociologique, économique et politique, Paris, la documentation française, 2004.
  • Maestracci N. Les Drogues, PUF, « que sais-je? », 2005
  • OFDT, Drogues et dépendances : données essentielles, Paris, La Découverte, 2005
  • Reynaud M. et al. Les pratiques addictives : usage, usage nocif et dépendances aux substances psychoactives, Paris, Odile Jacob, 2005


Mission d’appui en addictologie

La circulaire DGS/6B/DHOS/O2/2007/203 relative à l’organisation du dispositif de prise en charge et de soins en addictologie au sein des établissements de santé décrit le principe de 3 niveaux distincts dans l’organisation de l’accueil et des soins au sein des hôpitaux publics. Pour faciliter la mise en conformité des établissements avec ces nouvelles directives, le Respadd propose une mission d’appui en addictologie.

Cette intervention, qui se déroule sur une journée et est réalisée par deux professionnels en addictologie, est construite autour du plan addiction  et de la place plus générale que prend l'addictologie aujourd'hui. Elle se veut être un moment d'échanges et de partage de pratiques. C'est pourquoi le Respadd insiste pour que lors de cette journée soit présent l'ensemble des intervenants soignants, non-soignants et administratifs impliqués mais aussi les représentants du secteur médico-social et des organismes de tutelles (DDASS, DRASS, …). Cette mission est réalisée avec le soutien de la Direction générale de la Santé.

Depuis 2007, 17 équipes ont bénéficié de cette mission d’appui. Si vous êtes intéressés, contactez le Respadd sur contact@respadd.org.

Etapes de réalisation de la mission d’appui en addictologie :

Etape 1 : Prise de contact
Rencontre avec la direction, le président de la CME, le référent local « addictologie »
Présentation et visite de l'établissement, présentation du Réseau
Point sur la demande de l'établissement et présentation du groupe de travail local
Elaboration conjointe du calendrier d'intervention

Etape 2 : Etat des lieux
Etat des lieux de l’existant des compétences en addictologie dans l’établissement.
Point sur la situation spécifique de l'établissement au regard des pratiques addictives (actions menées, repérage, coût pour l’hôpital, file active, fréquentation du SAU)

Etape 3 : Elaboration du plan de développement de la nouvelle structure addictologique
Préparation par les équipes médicales et administratives locales d’un programme d’organisation de leur structure d’addictologie en conformité avec les nouveaux textes (circulaire DGS et plan addiction).
Mise en place progressive d’un plan stratégique de développement de la nouvelle structure addictologique : définition des missions, visibilité sur les moyens disponibles, circuits de recrutement privilégiés.

Etape 4 : Communication et visibilité intra et extra hospitalière
Participation au réseau addictologique local en développant et officialisant des liens forts avec le secteur médico-social
Elaboration du plan de communication de la nouvelle structure addictologique
Annonce site intranet et magazine de l’hôpital

Etape 5 : Plan de formation
Favoriser une formation du personnel hospitalier à la prévention des pratiques addictives et aux méthodes de repérage précoce et intervention brève
Session de sensibilisation des membres du comité local de prévention à la problématique générale des pratiques addictives

Etape 6 : Evaluation
Planifier des évaluations à six mois et à un an pour mesurer l’efficience des actions menées, la visibilité de la structure et identifier les besoins encore présents.

Enquête « Tabagisme en blouse blanche »

Cette enquête vise à mesurer l’impact du tabagisme des professionnels de santé sur la prise en charge des patients tabaco-dépendants.

Le tabagisme des professionnels de santé reste à des niveaux de prévalence importants. Afin de mesurer l'impact de ce tabagisme sur la prise en charge des patients tabacodépendants mais aussi sur l'image des soins donnée aux patients et visiteurs le Respadd a élaboré deux questionnaires « impact du tabagisme en blouse blanche » : un pour les professionnels, un autre pour les patients et visiteurs. La mise en place de cette enquête au sein des établissements de santé (envoi des questionnaires, saisie des données, analyse statistique) est effectuée à la demande, dans le cadre d’une mission d’appui en tabacologie dont les objectifs sont définis en collaboration avec l’établissement.